Le TDAH chez les candidats à la chirurgie bariatrique : une revue systématique et méta-analyse
Caci H, Chierici A, Iannelli A. Attention-deficit/hyperactivity disorder in adolescent and adult candidates for metabolic and bariatric surgery: A systematic review and meta-analysis. Obesity Reviews. 2024;e13802. doi:10.1111/obr.13802
L’obésité et le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) sont deux problèmes majeurs de santé publique dont l’association, longtemps contre-intuitive, est aujourd’hui bien documentée. Plusieurs mécanismes contribuent à un risque accru d’obésité chez les personnes avec TDAH, de l’ordre de 20 % à 60 % supplémentaires selon les méta-analyses : facteurs génétiques communs, altérations des fonctions exécutives (impulsivité, difficultés de planification, déficit du contrôle inhibiteur), dérégulation des conduites alimentaires (grignotage, craving, boissons sucrées), stress psychosocial et troubles du sommeil. Ces mêmes mécanismes font également obstacle à la perte de poids par les approches conventionnelles (diététique, activité physique), conduisant certains patients à s’orienter vers la chirurgie métabolique et bariatrique (CMB).
Combien de candidats à la CMB présentent-ils un TDAH ? La question restait ouverte, avec des estimations très variables d’une étude à l’autre. Nous avons conduit une revue systématique et une méta-analyse (protocole enregistré dans PROSPERO, CRD42022384914), en interrogeant trois bases de données bibliographiques jusqu’en décembre 2022, et en suivant les recommandations MOOSE et PRISMA 2020. La qualité des études a été évaluée avec la grille du Joanna Briggs Institute.
Dix-sept études ont été retenues : quatorze chez l’adulte (24 455 participants) et trois chez l’adolescent (299 participants). La qualité méthodologique s’est avérée globalement modérée à faible, avec une forte hétérogénéité liée notamment aux différentes méthodes utilisées pour identifier les cas de TDAH. Pour en tenir compte, nous avons regroupé les études selon leur stratégie diagnostique. Chez l’adulte, deux sous-groupes homogènes convergent vers une prévalence estimée entre 8,9 % et 9,9 %, soit environ trois fois la prévalence attendue en population générale. Chez l’adolescent, la prévalence estimée atteint 28,7 %, soit environ six fois la prévalence attendue, mais ce chiffre reste à consolider compte tenu du faible nombre d’études disponibles.
Ces résultats confirment l’intérêt de dépister systématiquement le TDAH avant toute CMB, afin d’améliorer la préparation des patients, le suivi postopératoire et, in fine, les résultats de la chirurgie. L’article propose également des recommandations méthodologiques pour les études futures.
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